En bref
Ils sortent, elles croquent. Comme les vers : le sol. Autre bête. On n’invente pas un vermifuge. L’aliment reste l’aliment.
1. Pourquoi elles le font
Octobre en Gironde. Il a plu. Les escargots sortent. Une poule n’attend pas l’ail. Elle voit, elle tape, elle croque. Ce n’est pas « elles se vengent du potager ». C’est à terre, c’est le métier du bec. Voir elles grattent. Les vers, c’était un autre papier. Ici, il y a une coquille.
Deux ou trois, un parcours humide : le buffet arrive tout seul. On n’invente pas une race « qui n’aime pas les escargots ». La Noire et la Sussex du catalogue, ça picore. Une Rousse aussi. On ne vend pas un modèle qui ignore le sol.
On n’écrit pas un tableau de protéines. On n’écrit pas « c’est un anti-limace naturel donc on en met partout ». On n’écrit pas non plus un poison. Trop d’un seul extra, le sac d’aliment passe après. L’aliment reste l’aliment. Si une poule s’isole, si le jabot reste dur : un pro. Le vendredi sur la nappe, non.
2. Ce qu’on fait
On laisse. On ne verse pas un seau d’escargots « pour leur faire plaisir ». Ceux du parcours, elles les trouvent. Un tapis après trois jours de pluie, on n’en fait pas une ferme à héliciculture. Les appâts anti-limaces du voisin : on n’écrit pas un tutoriel, on dit simplement qu’un jardin traité n’est pas un buffet. Le soir, on compte avant de fermer.
On n’écrit pas un calendrier de vermifuge. Voir aussi vermifuger — sans coller une ordonnance sur un escargot. Un voisin : les salades, si elles passent le fil pour les limaces d’à côté, on relève. Voir prévenir.
Même logique que les châtaignes : le jardin donne, on ne remplace pas le sac. On n’invente pas une carence « parce qu’elles veulent des escargots ». Elles veulent ce qui est là. On ouvre. On verse. On n’en fait pas une diète d’octobre.
3. Vendredi après la pluie
On ouvre. Café. Un craquement. Elle a un escargot. On rit, ou on grimace. Le catalogue n’y change rien. Deux ou trois pondeuses, un vendredi girondin : le premier automne, on croit qu’elles « se gavent ». Non. Il a plu. Les enfants veulent tout leur donner. On dit : ceux du jardin, pas un seau du marché. Le sac, d’abord.
Le premier jour, on avait peur du vide. Vendredi, on a peur de la coquille. On n’invente pas une maladie. On n’invente pas que « c’est la race ». Après-midi, on passe. On n’en fait pas une corvée. On en fait un week-end où le sol était vivant — et l’on verse quand même l’aliment. Lundi les vers, jeudi la bogue, vendredi l’escargot. Même jardin, trois gestes. On lave les mains. On ramasse l’œuf.
Un voisin dit « vos poules encore, mes salades ». On dit : on relève le fil. On ne dit pas « c’est normal, elles mangent les limaces » en riant trop fort. C’est normal qu’elles cherchent. Ce n’est pas normal de laisser le compost comme un tremplin. 9 octobre, il a plu. Elles restent dehors. Le soir, celle qui croquait est sur le perchoir. C’est ça qu’on voulait.
On n’invente pas un collier. On n’invente pas que Les Marchés a parlé des escargots. La cotation, c’est l’autre papier. Ici, c’est le sol. On ferme. La phrase tient.
En résumé
Pluie, ils sortent, elles croquent. Un extra. L’aliment reste l’aliment. Un pro si une seule change vraiment.