La source

ICI (Émilie Defay, Cellule investigation), 6 octobre 2026, 4 h 52. Relais : franceinfo. On relie. On n’invente pas un µg/kg girondin.

À côté

Elles grattent : les vers, le sol. C’est le métier. L’enquête, c’est le sol contaminé ailleurs.

1. Ce que dit ICI

91 œufs, poules plein air, partout en France, laboratoire agréé Labocéa, prélèvements février–juin 2026 (44 locales ICI + Cellule investigation Radio France). 54 % chez des particuliers, 46 % achetés au hasard dans le commerce. Résultats : 52 échantillons avec PFAS (57 %), 23 au-dessus du seuil de qualité cité (25 %). Quatre molécules recherchées parmi les plus documentées (PFOS, PFOA, PFNA, PFHxS). Seuil de somme cité : 1,7 µg/kg.

La grande majorité des œufs de producteurs respectent le seuil, écrit ICI : quatre avec PFAS, deux au-dessus. Louis Delon (institut éco-citoyen des territoires lyonnais) : les poules de particuliers sont plus exposées parce qu’elles grattent le sol et mangent insectes ou vers éventuellement contaminés. On n’en fait pas une ordonnance. On relie ça à notre article sur les vers : le bec au sol, c’est le métier ; le sol pollué, c’est un autre métier, et seulement là où c’est mesuré.

Deux pics cités : Haraucourt (Ardennes), échantillon d’exploitation, somme 40,1 µg/kg — près de 24 fois le seuil 1,7 selon ICI (PFOS 35,8 µg/kg contre 1 µg/kg cité pour cette molécule). Pierre-Bénite (Rhône), particulier, 16,3 µg/kg (les quatre molécules). Une dizaine d’autres dépassements entre 3,3 et 5,7 µg/kg : Le Tholy, Le Boulou, Communay, Saint-Péray, Issy-les-Moulineaux, Chartres-de-Bretagne, Malandry, parmi d’autres noms du papier. Causes évoquées selon les lieux : industrie (vallée de la chimie, Arkema/Daikin cités à Pierre-Bénite), boues d’épuration épandues (papeterie à Stenay pour Haraucourt, dit ICI), incinérateurs, parfois un terrain où l’on brûlait les poubelles. Depuis le 1er janvier 2023, des seuils pour certaines denrées mises sur le marché. Pas de limite légale pour les œufs de particuliers, dit ICI. Là où l’ARS l’a déjà dit — Pierre-Bénite dès 2023 ; en Île-de-France, 410 communes citées pour des polluants organiques persistants / incinérateurs — elle recommande de ne pas les consommer, surtout publics fragiles. Consommation : pas un risque immédiat, écrit le journal ; l’accumulation, c’est leur phrase, pas un diagnostic chez vous. Un chercheur (Xavier Coumoul) est cité côté franceinfo pour des portions à la limite réglementaire : un enfant de 20 kg, un œuf par semaine ; un adulte de 70 kg, jusqu’à quatre, si l’on n’a pas d’autres aliments sources. Ce n’est pas votre ration. C’est un ordre de grandeur à la limite, pas un menu girondin.

La DGAL, citée via l’enquête, avait contrôlé 76 œufs commerciaux en 2024, un dépassement. ICI n’en fait pas un blanc-seing. On n’en fait pas non plus un « tout le rayon est contaminé ».

2. Ce que ça n’est pas

Ce n’est pas « tous les nids de France ». 91 coups de sonde. Ce n’est pas un résultat pour votre Sussex en Gironde. La liste des communes à fort dépassement n’inclut pas Bordeaux. On n’invente pas un µg/kg du Médoc. On n’invente pas non plus que « ici c’est propre » : on n’a pas le labo.

Ce n’est pas « jeter le catalogue ». Ce n’est pas un tampon code 3. Ce n’est pas le rappel Morbihan. Autre métier : pollution persistante, cartes ARS, pas un virus. On ne vend pas « l’œuf sans PFAS ». On vend des poules. Le sol, l’eau, l’historique du terrain : ça, ICI le dit pour leurs prélèvements. Une Orpington n’apporte pas les molécules dans le carton. Un terrain qui a reçu des boues, une usine en amont, un brûlis de poubelles : ce sont les pistes du papier, pas une fiche produit.

Ce n’est pas un kit « faites analyser vos trois œufs ce soir ». Labocéa, c’est leur enquête. Un particulier qui veut un labo : un pro, un labo, un coût. On n’écrit pas le devis. On n’écrit pas un cancer. On n’écrit pas « jetez tout » ni « mangez tranquille partout ».

3. Mardi en Gironde

6 octobre. Un mardi. On ouvre. Un œuf. Personne n’a appelé Labocéa. Deux ou trois pondeuses, le café, on ramasse. Voir ramasser tous les jours. Le nid sent le foin, pas le communiqué. Les enfants demandent si « nos œufs ont des PFAS ». On dit : on n’a pas de labo à la maison. On lave les mains. On met au frais. On compte, on ferme.

Le mardi, on lit « 57 % » et l’on range le nid. Non. Le catalogue n’attend pas un µg. Si vous êtes dans une commune déjà visée par l’ARS : on lit l’ARS, pas un groupe. Ailleurs : on n’invente pas une interdiction nationale. Un voisin confond « plein air » et « forcément contaminé ». L’enquête dit : ça dépend du sol, de l’eau, du passé (boues, usine, brûlis). Une Rousse n’est pas un tampon. Le terrain, parfois oui. On n’écrit pas un kit de dépollution.

Le premier jour avec deux poules, on voulait l’œuf. Mardi, on veut encore l’œuf, et l’on a lu une carte. La carte n’est pas le jardin. On n’arrête pas de les laisser gratter parce qu’un prélèvement a eu lieu dans les Ardennes. On ne les enferme pas « au cas où ». L’IAHP en Pays de la Loire, c’était hier dans le blog : autre papier, autre carte, toujours pas la Gironde. Les PFAS, c’est encore une autre carte. On superpose trop, on ne sort plus. On sort. On ouvre. On ne promet pas un œuf « propre ». On promet des poules, un loquet, et de ne pas coller un tableau national sur trois coquilles.

Le week-end, on a lu les vers. Mardi, les PFAS dans le ver. Même bec, autre papier. On n’invente pas que « tous les vers de Gironde » portent les quatre molécules. On n’invente pas non plus qu’ils n’en portent jamais. On dit : ICI a mesuré 91 nids. Le vôtre n’y est pas. Si l’ARS de votre département a déjà une consigne sur les œufs de jardin, on la suit. Sinon, on ne fabrique pas la consigne. Un pro si vous avez un doute de santé. Pas le forum. Pas nous.

Après-midi : on tond le bord du parcours. On ne « décontamine » pas. On remet de l’eau. On vérifie le loquet. Le soir, elles rentrent. L’œuf est là. On le casse ou on le range. On n’écrit pas une messe. On écrit : 6 octobre, ICI a publié. On relie. On n’invente pas la Gironde.

En résumé

6 octobre, ICI : 91 œufs, 57 % avec PFAS, 25 % au-dessus du seuil cité. Particuliers plus souvent. Pas votre analyse. ARS là où c’est déjà dit.

Pour aller plus loin

ICI6 octobre Les versLe bec au sol Commander une SussexLe nid Le catalogueComparer

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