En bref
Ça bouge, ça pend, ça s’effiloche. Elles picorent. On rentre le linge ou on clôture. On n’invente pas une maladie. Même métier que pour les fleurs.
1. Pourquoi elles le font
Une poule teste avec le bec. Un drap claque, un bas pend, un fil brille : ça ressemble à quelque chose à tirer. Ce n’est pas « elles détestent le propre ». Ce n’est pas une carence inventée. C’est le même geste que sur une feuille, un caillou, une cheville trop proche.
En Gironde, l’automne est doux, on étend encore dehors. Deux ou trois, le parcours touche parfois le fil à linge. On s’énerve. On n’a pas besoin d’un collier, ni d’un spray. On a besoin d’un mètre de distance, ou d’un portillon.
On n’écrit pas qu’elles « mangent le coton par faim ». L’aliment complet reste l’aliment. Le linge n’est pas une ration. Voir aussi le pain : on ne remplace pas le seau par ce qui traîne.
2. Ce qu’on fait
On sépare. L’étendoir hors de l’enclos. Ou le linge rentré avant de les lâcher le matin. Un filet, un grillage, comme pour le massif. Cinq minutes le dimanche, pas un procès.
On ramasse la chaussette tombée, le fil qui pend. On n’attache pas un torchon « pour les occuper » dans le parcours : elles le déchireront. La Sussex et la Rousse du catalogue, ça picore. On ne vend pas un modèle « qui respecte le linge ».
Si une poule s’isole, ne mange plus, reste coincée dans un tissu : on n’invente pas le diagnostic. On libère, on observe, un pro si ça ne va pas. Le bec sur le drap, lui, n’est pas un motif de véto.
3. L’étendoir, le week-end
On ouvre. Elles filent. Le drap blanc claque. On crie. Trop tard : un coin déjà troué. Café encore chaud. Les enfants veulent « leur apprendre ». On ne tape pas. On rentre le reste. On ferme le portillon du petit enclos. Demain, on étend de l’autre côté de la haie, du côté où le grillage tient, pas du côté du figuier où elles passent toutes les heures.
Deux ou trois pondeuses, un jardin girondin, un mercredi d’automne : le linge sèche mieux au vent, les poules aussi veulent le vent. On n’a pas à choisir une science. On choisit un endroit. Le soir, on compte, on ferme. Le drap, s’il reste, n’est plus dans le parcours. Un œuf au nid. Rien d’autre à régler, sauf le fil à linge trop bas — on le remonte, ou on le déplace. Point.
Le premier mois, on étend trop près. Après, on sait. Elles savent où passer. On n’en fait pas une guerre. On en fait un dimanche où le linge sèche, et les poules grattent ailleurs. Le catalogue n’y change rien. Une Sussex, une Rousse, le même bec. On n’attend pas un produit miracle. On attend que le linge soit sec — ailleurs.
On n’invente pas qu’un fil de laine « soigne l’ennui ». On n’invente pas une race qui ignore les draps. On laisse le bec au sol, le linge au fil — et les deux, plus loin l’un de l’autre qu’un battement d’aile. Si le voisin rit du drap troué, on rit avec lui. Puis on change de place. C’est tout le mercredi.
En résumé
Le linge pend, elles picorent. On sépare. On ne punit pas. On n’invente pas une maladie.