En bref

Elles grattent. Insectes, un coin au sec, parfois un bain dans les feuilles sèches. On n’invente pas une maladie. On ne rentre pas le tas mouillé dans le poulailler. Voir aussi le bain de poussière.

1. Pourquoi elles aiment ça

Une poule passe une bonne part de la journée le bec au sol. Les feuilles, c’est un tapis qui bouge : cloportes, vers, un grain tombé en août. Elles travaillent le tas. Ce n’est pas de la paresse. Ce n’est pas « elles s’ennuient donc elles dépriment » — on n’écrit pas ça. C’est le métier.

Elles s’y couchent aussi. Feuilles sèches, ça ressemble à un bain : elles s’ébrouent, la poussière et les débris passent dans le plumage. Humide, c’est moins glorieux, elles collent. En Gironde, après la pluie, le tas devient une galette. Elles y vont quand même un peu, puis elles se mettent sous la haie. Voir les poules et la pluie si c’est surtout le ciel qui vous tracasse.

Deux ou trois, elles disparaissent. On panique. On soulève une branche. Le regard : « on était bien. » Une seule poule, le tas l’occupe moins longtemps — elle n’a personne à suivre. On l’a déjà dit : une poule seule s’ennuie. Le tas n’y change rien.

2. Ce qu’on fait (et ce qu’on laisse)

On n’a pas besoin d’acheter un « enrichissement automnal ». Le jardin le fait. On n’a pas besoin de tout ratisser à blanc « pour que ce soit propre ». Un carré tondu près de la maison, un tas dans le parcours : ça suffit.

Ce qu’on évite : les feuilles trempées dans la litière. Ça croupit, ça sent, les nids prennent l’humidité. La litière reste sèche. On n’adosse pas un tas au bois du poulailler — humidité, et des recoins pour ceux qu’on n’invite pas. Le soir, elles rentrent. On ferme. Le tas n’est pas un dortoir.

Les arbres du jardin — chêne, platane, noisetier — on n’en fait pas une thèse. On ne vide pas dans le parcours un sac de taille du voisin si on ne sait pas ce qu’il y a dedans. L’avocat, on ne le met pas dans la gamelle ; on n’apporte pas non plus les tontes douteuses « pour voir ». Si une poule s’isole, ne mange plus, on n’invente pas un lien avec les feuilles : on observe, et un pro si ça ne va pas.

3. Le premier dimanche d’automne

Les bottes. On ouvre. Personne au perchoir. On entend le grattement derrière le figuier. Un œuf au nid, quand même — elles savent rentrer pour ça. On ratisse un peu vers le parcours, on laisse un tas. Café. C’est le week-end. Pas un protocole.

Fin septembre ici, l’herbe tient encore. L’hiver, on en a parlé : pas de radiateur, le sec. Les feuilles, c’est le pont. La Sussex et l’Orpington du catalogue aiment le dehors ; la Rousse aussi, tant que ce n’est pas une mare. On ne classe pas « qui gratte le mieux ».

Les enfants, le week-end, veulent « les chercher ». On les laisse. Cinq minutes, un rire, des feuilles dans les cheveux. On ne transforme pas ça en atelier pédagogique. On dit juste : elles sont là, sous le platane, comme tous les automnes. Le lundi, le tas a bougé d’un mètre. C’est elles.

Si le parcours est tout petit, un sac de feuilles sèches du jardin — le vôtre — fait le même office qu’un bosquet. On ne va pas en forêt charger la voiture. On n’a pas besoin de ça. Deux ou trois poules, un coin, elles s’arrangent.

Le soir, on compte : deux têtes, trois têtes. On ferme. Demain, le tas aura encore bougé. C’est tout le programme.

En résumé

Les feuilles, elles les veulent. Tas sec dehors. Pas dans la litière. On ferme le soir. Le jardin continue.

Pour aller plus loin

Le bain de poussièreLe même geste, au sec L’hiver ensuitePas de radiateur Commander une OrpingtonLe dehors, tranquillement Le catalogueComparer

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