En bref (22 septembre 2026)
Les Marchés, 21 septembre 2026 (Virginie Pinson) : Yves-Marie Beaudet, président du CNPO, au SPACE — « il ne reste en France que 143 éleveurs en activité avec des poules élevées en cages ». CIWF : 88 % des éleveurs français interrogés favorables à la fin des cages, avec fonds publics. Ce n’est pas votre poulailler.
À côté
Hier, les pourcentages du Monde : cages, l’Europe, pas votre jardin. Ici : le chiffre des éleveurs, pas celui des poules.
1. 143, dit le président du CNPO
L’article de lundi ne rejoue pas le débat du Monde (23 % du cheptel, 51 % plein air). Il pose un autre compteur : celui des fermes. Yves-Marie Beaudet, éleveur et président de l’interprofession des œufs, l’a dit au SPACE : 143 éleveurs encore avec des pondeuses en cages. C’est peu, à l’échelle du pays. Ce n’est pas zéro. On ne transforme pas ce chiffre en « c’est fini ».
Cinq ans après un engagement européen d’interdire les cages, écrit Virginie Pinson, la Commission « semble remettre le dossier sur la table ». Des propositions sur les pondeuses à l’automne 2026, puis les truies au deuxième trimestre 2027. Toujours une proposition, pas un coup de sifflet. Le salon de Rennes est fermé depuis jeudi ; la phrase de Beaudet, elle, circule encore lundi.
On ne confond pas 143 éleveurs et 143 poules. Un élevage, c’est des milliers de têtes. Le jardin, c’est deux ou trois. Les uns n’effacent pas les autres. Ils ne se parlent presque pas.
2. Ce que dit le CIWF
Agathe Gignoux, affaires publiques de CIWF France : « réglementer au niveau européen permettra de protéger les éleveurs français ». L’ONG a sondé 200 éleveurs en France, Italie, Espagne et Pologne : 88 % des éleveurs français se disent favorables à la fin des cages, avec des fonds publics, « à condition que l’Europe avance vite, avec une date définitive et le soutien du gouvernement ».
Le flou, selon elle, dessert ceux qui ont déjà investi. Cinq ministres doivent recevoir des témoignages d’éleveurs qui ont fait la transition ; une campagne de cartes postales. On cite, on ne milite pas à leur place. Sur les importations de code 3, elle dit que le statu quo « arrange l’Espagne, la Pologne et l’Italie » — c’est sa phrase, pas un verdict d’économiste de jardin.
La filière porcine est dans le même papier (truies, incertitude, 34 % des éleveurs français voient le flou européen comme frein). Ce n’est pas le nid. On le laisse aux porcs.
3. Le jardin n’est pas ce dossier
Un mardi en Gironde, on ouvre, elles sortent, on ramasse. Personne ne compte 143. On a un café, un nid, parfois un œuf plus foncé si une Marans est là. Le calendrier de Bruxelles n’avance pas le seau d’eau. Il n’empêche personne d’avoir deux ou trois poules dans l’herbe.
Les cages, c’est un bâtiment, un code 3, une interprofession. Chez vous : un barreau, une porte, le soir. On a déjà écrit que l’Europe prépare un texte ; aujourd’hui on ajoute le chiffre des éleveurs. Demain, le jardin sera le même. C’est tant mieux.
Le week-end, les enfants vont au poulailler, pas au SPACE. On pose un seau, on ferme avant la nuit. On n’attend pas l’automne 2026 pour ça. Les propositions de la Commission, si elles viennent, parleront aux bâtiments. Votre paille, elle, se change maintenant.
On ne transforme pas 143 fermes en argument de pelouse. On dit juste : le dossier existe, il est daté (Les Marchés, lundi), et votre nid n’y figure pas. Deux ou trois poules, un dimanche, un café. C’est déjà autre chose qu’une cage.
En résumé
Les Marchés, 21/09 : 143 éleveurs encore en cages (CNPO). CIWF, 88 % favorables avec aides. Le nid du jardin n’est pas ce dossier.